lundi 13 octobre 2014

Spécial Théâtre




    photo : Dalia Benaïs La Maison de Bernarda Alba  - Théâtre de Ménilmontant

La Cantatrice chauve - Aktéon théâtre

Le Temps des Suricates -  Théâtre des Béliers parisiens 

Cette semaine, BLOG DE PHACO vous recommande trois excellents spectacles : La Maison de Bernarda Alba (Théâtre de Ménilmontant) de Federico Garcia Lorca, La Cantatrice chauve (Aktéon théâtre) d’Eugène Ionesco et Le Temps des Suricates, une pièce de Marc Citti.

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La Maison de Bernarda Alba 


   photo : Dalia Benaïs La Maison de Bernarda Alba  - Théâtre de Ménilmontant


Drame sombre de Federico Garcia Lorca, La Maison de Bernarda Alba se profile autour de la tyrannie d’une veuve (Bernarda) qui impose un deuil de 8 ans à ses cinq filles dans une demeure ancestrale. A partir d’un huis-clos plutôt étouffant, Hervé Petit [Le Chien du jardinier de Lope de Vega (2002), Le Médecin de son honneur de Pedro Calderon (2007)] propose une mise en scène sobre et épurée, installant dans la maison problématique certains de ses personnages féminins sur l’échiquier branlant de la raison et des sentiments. Au-delà de la simplicité apparente du personnage de Bernarda en parfaite mégère castratrice et de la fonction ingrate dévolue à ses filles, le climat général de La Maison se profile poétique avec un fort message social. Sous une forme théâtrale réaliste un peu lyrique - cette dernière pièce de Lorca fut écrite en 1936 juste avant la guerre civile - la frustration et l’emprisonnement moral de ces femmes nous sont dépeints sur un ton à la fois juste et humaniste. Par la gestuelle et le positionnement scénique, le metteur en scène parvient à instaurer un fort climat théâtral, quelque part entre simple drame domestique et tragédie antique.

durée : 1 h 25

La Maison de Bernarda Alba de Federico Garcia Lorca
Mise en scène et traduction : Hervé Petit
Théâtre de Ménilmontant
15, rue du Retrait
Paris 20e
les mardis et jeudis à 19 h

jusqu’au 25 novembre 2014 au Théâtre de Ménilmontant



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La Cantatrice chauve


La Cantatrice chauve - Aktéon théâtre


Pas évident de reprendre le célébrissime La Cantatrice chauve ! Le texte absurde d’Eugène Ionesco - qui date de 1950 - se profile entaché de longues décennies de mises en scène un peu scolaires. De façon originale, Judith Andrès dépoussière la pièce dans une aussi drôle que surprenante rythmologie des gestes et des corps. Tout justes sortis de l’école Florent, les comédiens/comédiennes nous font partager (sans fanfaronnade) sur la petite scène de l’Aktéon l’univers délicieusement loufoque de Ionesco, offrant à cette Cantatrice chauve une touche malicieusement lunaire. Visiblement inspirée par ces personnages emblématiques et extraordinaires, car a priori « sans intérêt » (une bonne et un capitaine des pompiers ; des snobs anglais, un couple anodin d’amis) qui évoluent dans une histoire sans intrigue et sans sens, la metteuse en scène apporte une touche supplémentaire de poésie et de mystère au chef d’œuvre de l’écrivain français d’origine roumaine.

durée : 1 h

La Cantatrice chauve d’Eugène Ionesco
Mise en scène, décor, costumes : Judith Andrès
Aktéon théâtre
11, rue du Général Blaise
Paris 11e
les vendredis et samedis à 20 h

jusqu’au 22 novembre 2014



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Le Temps des Suricates


Le Temps des Suricates -  Théâtre des Béliers parisiens 


Avec un certain humour teinté de mélancolie, Le Temps des Suricates surfe vers les déambulations psychologiques de deux comédiens (Mathieu et Edouard), qui échoués dans leur loge se prêtent au jeu libre des confidences le temps d’une représentation du spectacle Hamlet. Dans Le Temps des Suricates, espoir, désillusion, petites joies et frustrations bouillonnent sous l’ombre du grand Shakespeare dans un va-et-vient permanent entre la scène et les coulisses. Dans la pièce de Marc Citti, Edouard (Horatio) et Mathieu (un garde) sont deux comédiens de temps actuels, galérant entre cachets riquiqui et longues tournées provinciales. Coincés entre mal de vivre et attente d’une improbable reconnaissance, leur identité artistique nous est suggérée sous l’angle intéressant de la routine du quotidien et de la déréalisation qu’elle secrète. Ainsi, dans un dialogue improbable et cocasse, la fragilité de Mathieu nous est suggérée dans une rencontre virtuelle avec un Pierre Arditi, esquissé sous les traits d’un grand manitou de hautes destinées théâtrales. Boostée par la mise en scène de Benjamin Bellecour et une subtile création scénographique/lumières, cette pièce originale - qui lorgne vers des thèmes comme la religion, l’amitié ou l’opportunisme - laisse deviner au spectateur l’intimité d’un univers de théâtre.

durée : 1 h

Le Temps des Suricates, une pièce de Marc Citti
Mise en scène : Benjamin Bellecour
Théâtre des Béliers parisiens
14 bis rue Sainte-Isaure
Paris 18e
les mercredi, jeudi et vendredi à 19 h

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